Cette généalogie comporte de nombreux échevins .Mais de quoi s'agissait_il ?
Marcel MARION,Professeur au Collège de France ,apporte des éléments ,dans le Dictionnaire des Institutions de la France au XVII° et XVIII° siècles. (Paris,Ed.A & J. PICARD,82 rue Bonaparte,1976;Réimpression de l’Ed. de 1923; écrit p.195,263 & 368:
ECHEVINS: "Nom souvent donné à des officiers municipaux qui avec les maires composaient les corps de ville ou municipalités. Paris avait quatre échevins pris deux parmi les notables marchands,deux parmi les gradués et notables bourgeois:ils possédaient la noblesse transmissible. Lyon avait aussi des échevins,Poitiers également".
C’était surtout dans les provinces d’Artois,de Flandre,de Hainaut,que le terme d’échevins était usité et se rencontrait partout,même dans les campagnes. Les échevins étaient généralement nommés soit par le roi,par l’intermédiaire de son intendant,soit par le seigneur. Cependant,à Douai,les échevins étaient élus par les membres de l’Université,de la gouvernance,et des chapitres. Un arrêt du conseil du 20 sept. 1773 réglait la composition et l’élection des municipalités artésiennes: à Arras et Saint-Omer,un mayeur et dix échevins; à Béthune,Aire,Bapaume et Hesdin,un mayeur et six échevins; à Lens, Pernes et Lillers, un mayeur et quatre échevins:la nomination des échevins devait se faire par les députés ordinaires aux Etats d’Artois et deux membres de chaque corps (nobles,gradués,(*)bourgeois,négociants). L’Evêque d’Arras avait droit de désigner deux des échevins.
Dans la plupart des villes de la Flandre,Hainaut et Artois, les échevins exerçaient haute, moyenne et basse justice. Le corps de ville de Valenciennes,qui avait conservé plus de pouvoir judiciaire que les autres,connaissait en première instance,aux termes d’un arrêt du conseil de 1724,des causes des ecclésiastiques et des nobles,de même que de celles des roturiers,tant en matière réelle que personnelle,dans la ville et banlieue, de Valenciennes. »(sic).
Louis-Eugène de La GORGUE-ROSNY, dans «Recherches Généalogiques sur les comtés de Ponthieu,de Boulogne,de Guines et Pays circonvoisins,»Tome I,p.XXII & XXIII. Imp.,Camille LE ROY,51,Grande Rue,Boulogne-sur-Mer.Ed. 1874. Ouvrage en BM de Boulogne. Bibliothèque des Annonciades en Haute-Ville.
Je cite l’auteur:
«Les principaux commerçants des villes se qualifiaient marchands,chaque métier élisait tous les ans,un chef nommé mayeur de bannière. Dans certaine ville,où les charges de mayeur et d’échevin donnaient la noblesse transmissible,il fallait,pour exercer à ces charges,faire partie d’un des corps de métier. Le noble qui y parvenait,dérogeait donc à sa noblesse pour y revenir peu après,où plutôt sa noblesse sommeillait pendant quelques temps. Les titres anciens sont remplis de ces noms de nobles qui faisaient le commerce. Pouvait-il en être autrement dans un pays où les guerres presque continuelles,ruinaient le gentilhomme,où les cadets étaient sans fortune? Dans des lettres du 6 mars 1306,donnés par Jean de LAULNOY,sénéchal de Ponthieu,en faveur des tanneurs d’Abbeville;on trouve,parmi eux,Gillie,Raoul et Enguerrand de CROY,Pierre de VAUX,Michel de LEURENT d’ARGONNE,Jean de BEAURAINS,Jean de FRANCE,Firmin et Godard de BRUSCAMP,Pierre de DAMINOIS.( Cart. de Ponthieu).-- Dans les derniers siècles les principaux marchands prenaient le titre de honorable homme;leurs femmes étaient qualifiées damoiselles,de même que celles de gentilshommes....»(sic).