Cette famille possedait dès le Xe siècle la terre de Créquy en Artois (Clairambault)
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La première trace fiable remonte à 986 avec la fondation par un certain Ramelin de l'abbaye de Ruisseauville. Suivit Baudouin (premier du nom), sire de Créquy et Fressin, baron en Artois, à qui on attribue la devise" Nul ne s'y frotte" . Il épousa Marguerite de Louvain.
Suivirent Bouchard (qui épousa Richilde de Saint-Pol), Gérard, qui fit le voyage de la Terre Sainte en 1096 et Raoul qui épousa Mahaut de Craon juste avant son départ pour la deuxième croisade (1146-1147) avec Louis VII le Jeune.
Raoul fut fait prisonnier à la bataille de Laodicée, et sa femme Mahaut, le croyant mort allait épouser le sire de Renty que Raoul trouva dans ses domaines à son retour. Il se fit reconnaitre de son épouse grâce au demi-anneau nuptial qu'il avait emporté, d'où La Romance du sire de Créqui en cent sept quatrains (ci dessous). Il mourut en 1181.
La Romance du Sire de Créquy
L'histoire se passe au XIIe siècle, au moment de la deuxième croisade (1146-47), entreprise par le roi Louis VII le jeune.
Le roi Louis le Jeune ayant entrepris de se croiser,Tous les braves français voulurent le suivre... Parmi eux, l'on trouve le jeune Raoul de Créquy fils de Gérard, qui vient de se marier et dont la femme est enceinte. Pleurs et tristesse de l'épouse, consolée rudement par le vieux père Gérard, qui se souvient de ses jeunes années et de sa participation à la première croisade.
Il s'ensuivit Baudoin II de Créquy ( de ma généalgie) qui épousa Alix de Saint-Omer, puis Baudoin III de Créquy, dit le Jeune, qui épousa Marguerite de Saint-Omer,
sœur d'Alix et toutes deux filles de Guillaume de Saint-Omer et d'Ide d'Avesnes.
Au moment du départ, grands serments d'amour et de loyauté .
Je te jure, mon amie, amour et fidélité et il lui prit la main, en retira l'anneau
et soudain, l'ayant rompu, le mit en deux parties :il lui en donna une, garda l'autre moitié.
Cette moitié d'anneau béni lors de notre mariage, je le garderai toujours comme un mari fidèle :
si jamais je reviens du saint pèlerinage, je rapporterai de ma fidélité ce gage.
Bénédiction du père, et c'est la longue route vers l'Orient. Au château de Créquy, la dame accouche d'un "biau fieu" qui consola sa mère, ce que bientôt apprend Raoul, qui se trouve devant Satalie (en Turquie). Mais c'est bientôt la bataille avec les mécréants. Grands coups d'épée, grandes prouesses, mais Raoul s'élance, bannière haute, le premier, dans un passage trop bien gardé par les Turcs. Beaucoup de tués parmi la troupe de Raoul. Au total sept rescapés, dont Raoul qui est fait prisonnier. On le soigne de ses graves blessures et quand il reprend connaissance, c'est pour s'apercevoir de son grand malheur. Son nouveau maître le prend en amitié, lui rend même son anneau d'or. Et l'esclavage de Raoul va durer de longues années. A Créquy, on le croit mort. Le vieux père Gérard meurt de chagrin. La dame de Créquy est en butte aux outrages d'un frère de Raoul, Baudouin. En Syrie, Raoul finit par être vendu comme esclave à un maître dur et furieux. On le presse de devenir musulman, ce qu'en bon chrétien il refuse.
A Créquy, son épouse, persécutée par son frère est pressée de se remarier, afin de trouver un protecteur. Elle acceptera avec réticence et se prépare à convoler, en secondes noces, avec le sire de Renty.
Mais en Syrie, Raoul prie Dieu, Notre-Dame, le bon Saint-Nicolas et quelle n'est pas sa surprise de se réveiller, un petit matin, dans un bois, tel un naufragé, ses chaînes ayant été rompues. Un bûcheron lui apprend bientôt qu'il se trouve dans le bois de Créquy "Li forêt de Créki on apeile cheis bos".
Raoul ne peut donc que remercier le ciel de ce miracle. Le bûcheron lui apprend alors la mort de son père, les intrigues de son frère et surtout le remariage de son épouse, qui est maintenant imminent.
Raoul s'empresse donc de retourner au château, qu'il trouve en liesse. Là, le garde l'empêche de rentrer. Raoul insiste pour parler à la dame, lui indiquant qu'il revient d'outre-mer. Mais il doit attendre une heure que sa dame sorte, prête à se rendre à l'église où elle va se marier.
Le pauvre chevalier l'arrête et lui indique que le sire de Créquy n'est pas mort.
Le sire de Créquy, alors, ne fut pas tué,reprit le chevalier, car, Dame, le voici.Regardez bien, c'est moi malgré tant de misère, reconnaissez votre mari qui vous aimait tant.
Mais la dame éprouve quelque réticence, et le pauvre Raoul doit lui rappeler l'histoire de l'anneau. La femme est alors conquise et reconnaît son époux. Elle tombe, pâmée, comme il se doit, dans ses bras. On lui présente son fils, et voici que deux cygnes apparaissent sous le pont et de leurs becs, ils tirent une moitié d'anneau. On récupère évidemment l'anneau, et la journée se termine dans l'allégresse générale.
La romance de Raoul de Créquy se présente comme une histoire simple, touchante, chargée de symboles. Dans sa composition, elle est probablement du XIVe siècle, comme semble l'indiquer la référence constante au Roi de France (le XIVe siècle est en effet la période où les Créquy s'honorent de servir le roi). Les cygnes tirant l'anneau resteront un symbole héraldique attaché à la famille. Le cimier des Créquy représentait en effet deux cygnes "embecqués d'or" tirant un anneau de "rubis".
Ruines de la forteresse élevée au début du xve siècle par Jean V de Créquy, conseiller et chambellan de Philippe Le Bon qui en avait fait un des premiers chevaliers de l'ordre de la Toison d'Or.
