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Le blog de MarcM

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Généalogie Ardennaise et Franc Comtoise . Patronymes Maillot , Sonet , Gossery , Rousseau etc...


Les "Boubers" , une seigneurie dans les Ardennes

Publié par MarcM sur 8 Novembre 2011, 19:22pm

Catégories : #Les familles nobles

Histoire de Marcq (08) :Article de l’Ardennais en 1968
 
Le village de Marcq doit son nom, dit-on, au comte MARC. Ce comte vivait au début du Xème siècle et était le maître du Dormois. Il aurait remporté quelques succès contre les Normands qui ravageaient le Rethelois. Cette étymologie peut cependant laisser sceptique, et l'historien du Vouzinois, Octave GUILLIOT faisait remarquer qu'il y a d'autres Marcq en France et que "marc" signifie pays en germanique et marais en vieux français.
Le Dormois est un ancien comté carolingien, entre 800 et 1020, comprenant notamment, Senuc, Saint-Julien, Chevières, Grandpré, Marcq , au nord Buzancy, à l'ouest Cernay-en-Dormois, Autry, au sud Malmy et délimité à l'est par la Meuse et Montfaucon.
En fait, on ne connaît pas grand chose de l'histoire de cette terre au haut moyen-âge. Il est probable que la vallée de l'Aire et les territoires de Grandpré, Chevières et Marcq ne commençèrent à être réellement défrichés et exploités que suite au développement de l'abbaye de Senuc (abbaye remontant au Xème siècle et réunie en 1066 à St-Rémi de Reims).
Fractionnement de la seigneurie et invasions
Vers 1239, dans un acte cité par Octave Guelliot dans son Dictionnaire historique de l'arrondissement de Vouziers (article sur Cornay), Milon Ier, sire de Cornay, donne à foy et hommage sa terre de Marcq à sa parente Elisabeth de Villiers.
Bien plus tard, durant la guerre de cent ans, la contrée est plusieurs fois pillée et rançonnée par les anglais, puis par les bandes armées de mercenaires.
De 1419 à 1439, les Bourguignons et Dauphinois se font la guerre sur les terres du comté de Grandpré.
En 1468, Charles Le TEMERAIRE prend et met à sac la ville de Liège. Des habitants de cette ville, ayant réussis à échapper au massacre, émigrent dans les Ardennes. Des colonies s'établissent à Sedan et Mézières, mais aussi à Grandpré où ils sont exemptés de divers droits durant vingt ans. Parmi ces Liégeois, l'un d'eux, Louis BAUDELOT, choisit de s'installer à Marcq et reprend sur place son activité de fabricant d'étoffes et de draperies. Ces enfants et petits-enfants seront notaires et receveurs de la seigneurie de Grandpré.
Au XVI eme siècle , les seigneurs de Marcq sont les Boubers (ou Bouberg)
 
Les BOUBERS font hommage au comte de Grandpré. C'est ainsi que le 1er juin 1526, Louys de BOUBERS dénombre ses propriétés à Marcq, place et maison-forte.
En 1552, les armées de Charles QUINT, après avoir pris Stenay, pillent et brûlent Beaumont-en-Argonne, Grandpré, Saint-Julien, Marcq, Cornay, l'abbaye de Chéherre, Attigny, Brieulles.
En 1570, Françoise de BOUBERS épouse Claude de CHAMISSO. Celui-ci hérite par la suite des biens de son épouse, morte en 1577 sans descendance, et se remarie avec Marguerite de HEULLES. Claude de CHAMISSO, seigneur d'Andevanne et de Villosnes, devient ainsi seigneur de Marcq et de La Grande Besogne. La Grande Besogne est alors un hameau relativement peuplé, situé au sud des terres de Marcq, au milieu des bois, sur le ruisseau de La Louvière.
Est-ce par cette alliance ou par celle entre Nicole de CHAMISSO et Jean de POUILLY en 1554 qu'une partie de la seigneurie de Marcq passe aux seigneurs de Cornay. Ainsi, ont porté le titre le seigneur ou de dame de Marcq Charlotte de POUILLY, dite Mademoiselle de Cornay (titre de dame de Marcq gravée sur la pierre de fondation de l'église de Cornay en 1719), Henriette de POUILLY (morte en 1734), Charles Adrien de POUILLY, Marie-Josèphe de POUILLY, et André de POUILLY.
Les POUILLY possèdent trois huitièmes de la seigneurie. Plusieurs membres de cette maison de POUILLY ont adopté la religion prétendue réformée. Ils jouent un rôle majeur dans les troupes protestantes, puis avec l'arrivée au trône de Henri IV, dans les troupes royales. Durant la huitième et dernière guerre de religion, Louis de POUILLY, compagnon d'armes de Henri IV, se voit confié la mission de couvrir la frontière de Champagne, territoire d'autant plus stratégique qu'il est considéré par les Ducs de Guise comme le leur. Les combats et passage de troupes ravagent la région. Louis de POUILLY, par ailleurs nommé gouverneur de Stenay, sacrifie par la force des choses ses terres, peu épargnées par ses adversaires, aux intérêts plus globaux de la région et du royaume.
Trois autres huitièmes sont devenus la propriété des CREQUY. C'est Antoine de BLANCHEFORT qui relève le titre de duc de CREQUY lui venant d'un oncle décédé en 1611. Son fils Charles de CREQUY, maréchal de France, doté de grandes propriétés dans l'Argonne, meurt en 1638. Les terres reviennent alors à ses enfants Charles, Alphonse et François. Le 24 mai 1638, une procuration est donnée à Me Claude RAOUL, procureur fiscal de la terre et baronnie de Vienne-le-Chastel en Lorraine, par le haut et puissant seigneur Charles, duc de Créquy, prince de Poix, pair de France, premier gentilhomme de la chambre du roi, en son nom et pour Mres Alphonses et François de Créquy, ses frères « pour se transporter au château de Grandpré, se présenter à Monsieur le comte dudit Grandpré, ou en son absence à son officier de justice, et faire audit comte pour seigneur constituant audit nom, les foy et hommage du fief, terre et seigneurie de Marc et la Grande Besongne, pour la part appartenant audit seigneur constituant et auxdits seigneurs ses frères, de la sucession dudit déffunt seigneur mareschal de Crequy, lesdites terres et seigneuries mouvantes du chasteau de grandpré… ». Un peu plus de cinquante ans plus tard, le 11 décembre 1690, dame Catherine de ROUGE, veuve de François de CREQUY, l'un des trois frères, donne procuration au capitaine et groyer de vienne-le-Château pour "faire et rendre les foy et hommage que ladite dame maréchalle doit au comte de Grandpré, à cause de cette terre et seigneurie de Marc, pour ce qui appartient à ladite Maréchalle de Créquy, icelle terre dépendant de la baronnie de Vienne le Chastel, écheue à ladite dame Maréchalle de Créquy par la sentence arbitrale contenant partage des biens de la communauté dudit deffunt seigneur de créquy et de ladite dame ...".
Outre les trois huitièmes de la seigneurie de Marcq appartenant aux POULLY, seigneurs de Cornay, et les trois huitièmes appartenant aux CREQUY, un huitième de propriété appartient à Christophe de CHAMISSO qui le transmet à Claude GODET de RENNEVILLE, apparentée également aux BOUBERS.Celle-ci possède en 1666 la Petite-Cense. Et le dernier huitième est partagé entre cinq autres petits seigneurs.
L'absence de protection, et l'extrême fractionnement de la seigneurie, sans qu'aucun seigneur d'importance ne vive sur place, ne favorisent pas la protection du territoire, de ses habitants et de leurs biens. En 1636, le comte de Soissons, chargé de couvrir la frontière, campe avec ses troupes dans la bourgade de Grandpré. Ses soldats, mal payés, pillent les villages avoisinants et une maladie contagieuse décime les habitants. L'année suivante, la population de Chevières fait jouer auprès de Marguerite de Joyeuse une clause lui permettant de se réfugier à Grandpré en l'échange d'une rente annuelle. Durant la Fronde, pillage et incendies se multiplient sans compter les troupes qu'il faut loger. En 1712, 3000 cavaliers hollandais ravagent l'Argonne jusque Sainte-Menehould.
En 1713, Roger BRULART, marquis de Puisieux, hérite de la petite cense de Claude GODET de RENNEVILLE, sur la seigneurie de Marcq. Plus intéressé par ses propriétés dans la Montagne de Reims produisant du Champagne que par ce fief partiel en Argonne Ardennaise, il le revend en 1715 à un d'ENNERY. La fille de ce dernier, Marie Rose d'ENNERY, en hérite en 1734 et épouse en 1744 Alexis LOTH du SAUSSAY (ou DUSAUSSAY) ingénieur du Roi. Ils ont trois filles. L'une d'elles, Victoire LOTH DUSAUSSAY épouse en 1768 Ponce SAVARY. Ils vivent jusqu'en 1780 dans la maison seigneuriale de Marcq, transmise ainsi de fille en fille. La carrière militaire de Ponce SAVARY le tient souvent éloigné du bourg. Sa femme accouche de quatre enfants, trois fils et une fille. Les trois fils choisissent également la carrière militaire dont le futur général et ministre de Napoléon, Jean Marie René SAVARY, futur duc de Rovigo. En 1777, Ponce SAVARY est nommé major du château de Sedan. En 1780, la famille SAVARY s'installe à Sedan et revend une partie de ses biens sur Marcq.
Les maîtres de forges succédant aux seigneurs et précédant la Révolution
Les biens mis en vente par les SAVARY sont rachetés par Nicolas DERUE, père et fils, maîtres de forge de Champigneulle.
Les autres seigneurs, possédant en partie cette seigneurie de Marcq, sont au début du XVIIIème Siècle MOYEN et JOSSE.
La révolution survient.
En mars 1789 "l'entretien de tout le monde est de parler du Tiers Etat. En mai, les députés sont partis pour Paris pour faire des arrangements avec le roy, la noblesse, le clergé, pour faire de bonnes affaires, savoir comment ?" (Chronique du Cadet DAMERAS, du village d'Hannogne-Saint-Rémi).
En 1791, un décret du 13 avril ordonne aux anciens seigneurs de faire retirer, dans les deux mois suivant la publication, leur banc seigneurial de l'église et d'effacer leurs titres. En juin de la même année, toute la région s'agite suite à la fuite du Roi, stoppée à Varennes.
En 1792, c'est la proclamation de la République. Suite à l'entrée sur le territoire français de troupes prussiennes et autrichiennes voulant rétablir la royauté, DUMOURIEZ poste son armée dans les défilés de l'Argonne. L'Aire constitue une défense naturelle au milieu des bois. Le général DUVAL établit son poste de commandement à Marcq pendant quelques jours. La bataille de Valmy qui suit consacre l'arrêt de cette invasion. Le jour même de Valmy, la Convention remplace les registres paroissiaux par l'état-civil municipal.
Nouvelles invasions
Le village subit les invasions de 1815, 1871, 1914-18, 1940-45.
En 1815, après Waterloo, les Ardennes sont occupées durant 3 ans, par les troupes prussiennes et russes. Cette occupation étrangère est souvent méconnue mais elle a pourtant marquée les habitants et donnée lieu aux premiers actes de résistance.
En 1870, Marcq est tenu pendant quelques jours par le 4ème Hussard français, dirigé par le colonel Choury de La VIGERIE, qui se replie finalement et laisse la place à la cavalerie prussienne. Cette nouvelle occupation dure 9 mois et demi, jusqu'en août 1871. Elle se traduit au début par quelques pillages et par de nombreuses réquisitions.
En 1914-1918 puis 1940-1945, l'occupation est encore rude pour les familles restées sur place, même si les troupes allemandes sont mieux encadrées. Les restrictions sont sévères pour les habitants. Certaines demeures sont réquisitionnées comme points médicaux puis comme prisons. Lors du deuxième conflit, les hommes sont soumis au travail obligatoire en Allemagne.
Sur ces deux derniers conflits, c'est l'armée américaine qui libère le village.
  Patrimoine
Des biens mis en vente par les SAVARY, et rachetés par la famille DERUE, subsistent la demeure où est née Jean Marie René SAVARY. Cette propriété est d'ailleurs appelée, au XIXème siècle et XXème siècle, château DERUE dans le village. L'entrée se fait par un porche du 17ème siècle, cette entrée est visible en arrivant de Chevières et la maison placée derrière ce porche s'ouvre avec de grandes baies sur une allée donnant dans un jardin anglais.
En 1760, Nicolas DERUE fait construire une autre maison de maître dans le village. Cette deuxième demeure a été classée "monument historique". Le corps de logis n'a pas connu de modifications importantes depuis sa construction. Le toit , en hauteur, avec comble, est assez typique de l'architecture du 17e siècle. La façade sur jardin ressemble aux façades des grosses maisons du 18e siècle.Un cadastre ancien montre que la cour d'entrée possédait une aile sud, détruite après la première guerre mondiale. L'aile d'entrée de la cour a fait aussi à cette époque l'objet d'une reconstruction presque totale. Le passage au centre permettant d'entrer dans la cour comprend une porte charretière et une porte piétonne.
L'église a dû être reconstruite après la guerre de 1914-1918 et inaugurée en 1925.
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